jeudi 11 juin 2009

amazigh la "question berbère", il y a deux réponses autorisées le mépris et l’anathème. Selon l’humeur des officiels bien-pensants, les militants berbéristes sont soit " les pathétiques défenseurs d’une cause marginale et perdue d’avance ", soit " des serpents inoculant le venin de la discorde dans le cœur des enfants de ce pays ". Ce qui est d’ailleurs contradictoire : si la cause est vraiment éculée, elle ne devrait pas constituer un facteur de discorde. Il n’empêche. Même de mauvaise foi, ces arguments permettent aux autorités Marocaines d’éviter le sujet de la berbérité. Il ne saurait y avoir qu’une seule vérité, inscrite dans la loi fondamentale du royaume : le Maroc est "arabe".
Peut-être, mais pas les Marocains. Pas tous, du moins, puisqu’une partie d’entre eux se revendique Amazigh. Il ne s’agit pas là d’ethnicité. Chacun sait que " l’ascendance pure " est une chimère, dont la poursuite peut, effectivement, se révéler dangereuse pour la stabilité d’un pays. C’est pourquoi on préfère dire que le Maroc est partagé entre arabophones et berbérophones. Dans quelles proportions ? Secret d’État !
Du reste, le clivage n’est pas aussi net qu’on peut le penser. La darija, marocain dialectal et " vraie " langue du pays, par opposition à l’arabe classique, est un parfait équilibre linguistique entre arabe et berbère, avec même quelques touches de français et d’espagnol, voire, dans le parler néo-urbain de Casablanca et des grandes villes... d’anglais !
Officiellement, le berbère, ou tamazight, n’est pas considéré au Maroc comme une langue, mais comme un ramassis de " dialectes ". Ce qui est absurde : un " dialecte " est forcément dérivé d’une langue et, en l’occurrence, il ne s’agit pas de l’arabe. " Autorisés " par Hassan II au milieu des années quatre-vingt-dix en réponse à l’agitation des milieux berbéristes, les trois bulletins d’information " en dialectes " de la première chaîne (le tarifit, le tamazight et le tachelhit) constituent, pour les berbérophones, une énorme farce. C’est comme si, en France, on présentait un JT avec l’accent marseillais, un autre avec l’accent parisien et un troisième avec l’accent alsacien... en les présentant comme des " dialectes " dans le but de démontrer que le français n’est pas une langue unifiée. La mystification va encore plus loin. Dans les manuels d’histoire, on enseigne la maxime suivante aux petits Marocains : " Les premiers habitants du Maroc sont les Berbères. Ils sont venus du Yémen et de Syrie, en passant par l’Éthiopie et l’Égypte. " Ibn Khaldoun (mort en 1406), père de la sociologie, écrivait il y a déjà six siècles dans son Histoire des Berbères : " L’opinion qui les fait émigrer de Syrie [...] est tellement insoutenable qu’elle mérite d’être rangée au nombre des fables. " Pourquoi affirmer, en dépit de toute logique, que les Berbères viennent de la péninsule arabique ? Sans doute pour suggérer qu’ils sont d’origine arabe... ce qui justifie a posteriori la conquête arabe de la Berbérie menée au VIIIe siècle par Oqba Ibn Nafaâ !
L’histoire officielle du Maroc donne de cette conquête une version idyllique : l’armée islamique venue d’Arabie porter le message du Prophète aurait été accueillie pacifiquement par des peuplades quasi primitives. Quelque temps plus tard, ces " bons sauvages " auraient été subjugués par un chérif (descendant du Prophète) venu d’Arabie et nommé Moulay Idriss. Celui-ci, déclaré sultan, aurait fondé le Maroc. " Supercherie ! "dénoncent les lettrés. " Que l’on cesse de faire ânonner à nos enfants, s’insurge l’académicien Mohamed Chafik, la fable du Maroc inventé, créé de toutes pièces, voici seulement deux douze siècles, par un homme, un seul, dans un désert vide de toute humanité, de toute intelligence et de tout sens politique ! " Les historiens sont formels : le trône de Maurétanie a été fondé au IIIe siècle avant J.-C. par le souverain berbère Baga. Or Maurétanie n’est que le mot grec pour " extrême Occident ", ce qui a été traduit plus tard en arabe par " El-Maghrib El-Aqsa " - en abrégé, Maghrib, ou Maroc. Et Oqba, onze siècles plus tard, n’a pas été accueilli avec des fleurs, loin s’en faut. Il a dû, au contraire, batailler pendant des décennies pour - comme tous les conquérants - s’accaparer les richesses du pays, et, accessoirement, imposer l’islam. L’arrivée d’Oqba, puis celle de Moulay Idriss, est le début d’un très long processus d’arabisation, sous couvert d’islamisation. L’arabe devient peu à peu la langue dominante parce que langue du Coran. Mais pas forcément celle du pouvoir. L’histoire officielle du Maroc oublie volontiers de préciser, par exemple, que Tariq Ibn Ziyad, conquérant de l’Andalousie, était un Berbère du Rif. Comme elle s’abstient de rappeler que les dynasties almoravide et almohade (XIe et XIIe siècles), sous l’empire desquelles le Maroc s’étendait de l’Espagne jusqu’au fleuve Sénégal, étaient berbères.
C’est à partir de la dynastie mérinide (fin du XIIe-XIIIe siècles) que la langue arabe s’impose à nouveau dans les cercles du pouvoir. Et que la siba (" dissidence ", attitude observée de tout temps par les tribus marocaines réfractaires au Makhzen - pouvoir central) devient un phénomène essentiellement berbère. Les dynasties suivantes considèrent les Berbères avec suspicion, et le fossé entre ceux-ci et les Arabes a commencé à se creuser. Puis s’est élargi au fil du temps… jusqu’à l’irruption de la France. Ayant achevé son œuvre de " pacification ", puis d’élimination des dernières poches de siba, le protectorat français, en partant, offre à la dynastie alaouite un cadeau inestimable : un Maroc uni sous sa houlette. Or les Alaouites se revendiquent arabes, sans hésiter. Pourtant, les mères de nombreux rois alaouites (dont Mohammed VI) sont issues de tribus berbères…
Parmi les cadres du mouvement national, et surtout les activistes de l’armée de libération, il y avait aussi beaucoup de Berbères. Pendant la lutte contre les Français, ils avaient mis leur revendication identitaire de côté, pensant naturellement que le Maroc libre serait bilingue et biculturel. Mauvais calcul. Eux-mêmes seront certes intégrés parmi l’élite (militaire, puis, progressivement, civile) de la jeune nation. Mais pas leur langue, ni leur identité.
Très tôt, la diversité culturelle est perçue par le pouvoir comme un ferment de division. Elle est, à ce titre, fermement combattue. Avec l’aide de chantres de l’arabité comme Allal El-Fassi, figure historique du parti de l’Istiqlal, la monarchie va imposer l’arabe comme seule langue légitime (et constitutionnelle) du royaume indépendant. Administration, justice, écoles, hôpitaux, médias... n’en n’échappera au rouleau compresseur de l’arabisation. Dans le but, officiellement, de faire pièce au français - mais personne n’ose imaginer que le berbère puisse aussi constituer un substitut à la langue de l’ex-occupant honni. Quelques voix isolées le suggèrent, mais elles sont vites dispersées par le souffle ardent du panarabisme des années soixante et soixante-dix. Comme l’écrit Mohamed Chafik, " en regard du redoutable arsenal de mythes valorisateurs au service de l’arabisme, les gesticulations de la berbérité ne font pas le poids ". Elles sont même carrément écrasées, au point que l’État civil refuse souvent d’octroyer des prénoms berbères aux nouveau-nés. Dans un autre domaine, on refuse à l’art berbère le droit d’évoluer. Un chorégraphe a ainsi été violemment décrié, avant d’être contraint à l’exil. Son crime : avoir tenté de " dénaturer " la danse berbère traditionnelle ahidouss. Celle-ci ne saurait sortir des limites " acceptables " du folklore. Malgré ce que les plus enflammés qualifient d’ " ethnocide programmé par l’arabisme triomphant ", il y aura une renaissance berbère. Discrète, progressive, mais réelle. Son vecteur : le " cheval de Troie académique " dont, juste retour des choses, la France avait semé les graines. Pendant le protectorat, en effet, l’université française, qui considérait le tamazight comme une langue orientale (sic !) à part entière, avait sanctifié la culture et l’histoire berbères en faisant un objet d’études scientifiques. À partir des années soixante, les études berbères explosent. En quinze ans, une trentaine de thèses en histoire, en littérature et en linguistique berbères sont publiées, et les travaux de maîtrise et de troisième cycle consacrés au sujet se comptent par centaines. Les auteurs, de retour au Maroc en qualité de professeurs, deviennent les fers de lance de l’émancipation berbère naissante.
La monarchie ne tarde pas à réagir. En 1982, une dizaine d’universitaires et de cadres berbères sont emprisonnés pendant un mois. Dans une revue qu’ils venaient de créer, ils avaient affirmé que le berbère était une langue, au même titre que l’arabe. L’auteur de cette intolérable assertion passe un an derrière les barreaux, après avoir refusé de demander grâce à Hassan II. L’événement ne fait cependant pas trop de vagues ; nous sommes encore dans les " années de plomb ", et le mouvement est, de surcroît, très émietté. Un embryon d’unification s’ébauche en 1991, quand six associations se regroupent pour rédiger une plate-forme revendicative dite " charte amazighe " ? Mais cela ne va guère plus loin. Trois ans plus tard, les associations se sont multipliées et ont gagné en influence. La tentative d’union est rééditée par la création du Conseil de coordination des associations amazighes au Maroc. Mais la " montée d’adrénaline " ne survient que lorsque, la même année, plusieurs manifestants sont arrêtés et condamnés parce qu’ils brandissaient, à l’occasion du 1er mai, une banderole en tifinagh (alphabet libyque). On craint, cette fois, l’explosion, mais elle est évitée par la médiation des associations. Hassan II lâche tout de même du lest en libérant les prisonniers, en promettant que le berbère sera bientôt enseigné dans les écoles (promesse demeurée à ce jour lettre morte) et en autorisant les fameux flashs télé " en dialectes ".
Après la mort de Hassan II, la question berbère reprend de la vigueur, et les militants berbéristes de l’assurance. Le 1er mars 2000, un grand pas est franchi : un " manifeste berbère ", fruit de deux ans de débats intenses, est signé par 229 personnes, parmi la fine, fleur des intellectuels berbérophones Marocains (voir ci-dessous). Outre celle du rédacteur du manifeste Mohamed Chafik, grand lettré, académicien du royaume et doyen du mouvement berbère, on retrouve les signatures d’Abdelhamid Zemmouri, ancien ministre et signataire du manifeste de l’indépendance, Driss Benzekri, figure du mouvement des droits de l’homme au Maroc, Ahmed Adghirni, avocat, essayiste et directeur d’un journal berbérophone. Au-delà de son contenu, ce document constitue la plate-forme d’un mouvement naissant dont l’audience potentielle est énorme. Le 12 mai 2000, un noyau de 150 personnes se réunit à Bouznika, petite cité balnéaire près de Rabat, et élit dans ses rangs un " comité du manifeste berbère ". Les quinze personnes qui le constituent se sont partagées le territoire marocain en trois zones, avant d’entreprendre une tournée d’explication. Objectif avoué : lancer un mouvement. Sept réunions sur le thème " Amazighité et politique " ont déjà eu lieu à Agadir, Nador, Meknès, El-Hoceima, Errachidia, Marrakech... et à Gouda, aux Pays-Bas, où des résidents en Europe parmi les signataires du manifeste étaient présents.
Des débats - parfois houleux - se sont ensuivis. Mais si les théories les plus diverses ont été entendues, certaines plutôt de gauche, d’autres un zeste islamisantes, le cœur du sujet est demeuré l’amazighité et les moyens de la promouvoir sur le terrain politique. De nouvelles réunions sont prévues, aux quatre coins du royaume, avant la réunion d’intégration finale prévue du 22 au 24 juin 2001, de nouveau à Bouznika. On attend cinq cents " représentants de régions " et une plate-forme politique et organisationnelle. Cela semble fort au congrès constitutif d’un parti politique. Est-ce le but poursuivi ? Les avis sont partagés. Certains le préconisent, d’autres proposent une sorte de " front national amazigh ", association à caractère politique qui s’investirait dans le lobbying tous azimuts.
Ce qui est certain, comme le pose le manifeste, c’est que " les associations culturelles n’arrivent plus à endiguer le mécontentement des Berbères ". Il est donc temps de " passer au politique ". Ce qui risque d’inquiéter le pouvoir. Jusqu’à présent, les intentions de Mohammed VI concernant la question berbère sont restées insondables. Mais les chantres de l’arabité, qui se recrutent notamment au parti de l’Istiqlal et à l’USFP (socialiste), n’attendront pas de signal du Palais pour démarrer les violentes incantations habituelles.
Plus le mouvement berbère gagnera en ampleur, plus il y a de chances que ses adversaires pan-arabes agitent le spectre de la discorde. Ils auraient tort. Car la postface du document, judicieusement intitulée " pour prévenir toute interprétation tendancieuse du présent manifeste ", déclare ainsi clairement : " Avec nos compatriotes marocains qui se veulent fiers de leur arabité, comme nous nous voulions fiers de notre amazighité, nous considérons constituer une seule entité et appartenir à une même identité ".
Voilà en quoi ce manifeste est innovateur, voire révolutionnaire. il propose aux Marocains une identité unique qui ne soit plus d’emprunt, qui ne doive rien à une quelconque conquête extérieure : l’amazighité - envisagée non pas en tant qu’appartenance ethnique, mais en tant que culture, la culture originelle de ce pays, creuset dans lequel se sont amalgamés pendant vingt-trois siècles et avec bonheur les apports arabes, grec, romain, phénicien, européen... En clair, l’ouverture sur l’amazighité ne constituerait pas un morcellement, mais bel et bien une clarification identitaire, doublée d’un enrichissement culturel. Dans sa déclinaison politique, le modèle proposé par le manifeste est encore plus attractif. Idée : " Le Makhzen, mode de pouvoir autoritaire qui a tant fait souffrir ce pays, est hérité de vieilles traditions abbassides et omeyyades, bref, arabes moyen-orientales. Il suffit d’observer que tous les régimes arabes fonctionnent sur le même modèle : autoritaire sinon dictatorial, et toujours centré sur la personne du chef. Si nous sondons nos propres traditions ancestrales, nous y trouverons des clés pour avancer plus sûrement et plus sereinement vers la démocratie ". D’après Lahcen Oulhaj, enseignant universitaire et membre du comité du manifeste, " l’amazighité en tant que culture permet de satisfaire tous les préalables philosophico-culturels à la démocratisation de notre pays ". Parmi ces préalables : la " consultation " systématique, en tant que technique d’exercice du pouvoir (la jmaâ, assemblée traditionnelle de notables sans la réunion de laquelle aucune décision ne peut être prise dans le village).
La vision berbère pour demain est celle d’un Maroc réconcilié avec lui-même, ouvert sur le monde et sur les apports de toutes les civilisations. En somme, un Maroc serein et tolérant, plutôt que tendu et divisible. Encore faut-il que le pouvoir consente à changer de paradigme. Ce qui, malheureusement, est loin d’être acquis.

nous semme pas du folklor

amazigh

bgayet une ville a mille fassete

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amazighBéjaïa, Bgayet en kabyle (berbère) et transcrit en tifinagh ; Bougie étant l'ancien nom français de la ville, Saldae au temps des Romains et Vaga (les ronces) en libyco-berbère) est une ville d'Algérie. Elle est aussi le chef-lieu de la wilaya (département) du même nom.
Les habitants de Béjaïa sont appelés les Bougiotes ou les Bédjaouis. Avec ses 168 438 habitants en 2008, Béjaïa est en termes de population la plus grande ville de Kabylie. C'est aussi, grâce à sa situation géographique, le plus important pôle industriel de la région, notamment par la concentration de nombreuses industries diverses, et la présence d'un des plus grands ports pétroliers et commerciaux de Méditerranée. Béjaïa est également dotée d'un aéroport international (Soummam / Abane Ramdane - code AITA : BJA)..
Connue à l'époque romaine sous le nom de Saldae, elle devient au Moyen Âge l'une des cités les plus prospères de la côte méditerranéenne, capitale de grandes dynasties musulmanes. D'abord connue en Europe grâce à la qualité de ses chandelles faites de cire d'abeille auxquelles elle a donné son nom, Bougie a également joué un rôle important dans la diffusion des « chiffres arabes » en Occident.

Carte de l'Algérie (localisation de Béjaïa)
Sommaire[masquer]
1 Étymologie
2 Géographie
3 Histoire
4 Économie
5 Culture
6 Sport
7 La wilaya en bref
8 Protocole d'Amitié
9 Voir aussi
9.1 Liens externes
10 Notes et références
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Étymologie [modifier]
Le mot bougie n'est apparu dans la langue française qu'au XIVe siècle. Tiré de Bugaya, cette ville d'Algérie qui fournissait une grande quantité de cire pour la fabrication des chandelles[2],[3]. La bougie comme telle fut développée au milieu du XIXe siècle, et se distingue de la chandelle par sa matière première et l'utilisation d'une mèche de coton tressé. Le tressage permet à la mèche de se courber et de se consumer : inutile alors de la moucher. La misérable chandelle disparaît alors, et la cire perd de son intérêt.

Géographie [modifier]

Les Aiguades, crique coincée entre le cap Bouak (au fond) et le cap Noir
La région dont nous nous proposons de rappeler l’histoire est limitée approximativement à l’ouest par les crêtes du Djurdjura, à l’est par les Babors auxquels se soudent les Bibans qui s’étendent jusqu’au sud-est, dominant les plaines de la Médjana et de Bordj-Bou-Arreridj. Une vallée, où serpente le fleuve de la Soummam, séparant les Babor-Biban du Djurdjura, débouche vers le Sud à Ighrem, El Asnam, en une riche plaine plantée d’oliviers, d’arbres fruitiers, de vignobles et d’autres cultures. Le golfe de Béjaïa, sur le bord duquel la ville s’élève en amphithéâtre, offre l’aspect d’un vaste lac entouré d’un rideau de montagnes aux profils capricieux : d’abord la crête de Gouraya qui domine la ville ; à sa droite le pic de Toudja ; en face et suivant l’ellipse du littoral, viennent la cime de Bou-Andas, les dentelures rocheuses de Béni-Tizi, du Djebel Takoucht, d’Adrar-Amellal, Tizi-Uzerzur, la large croupe des Babors à côté du pic du Tababort ; enfin, au dernier plan, la silhouette bleuâtre du pays de Jijel.

Béjaïa depuis la mer

Magot au sommet du Gouraya
Lorsqu’on s’éloigne de la ville pour se diriger vers Ziama, les gorges de Chaabet-EI-Akhra, on suit, sur un parcours de plus de trente kilomètres, le demi-cercle formé par le golfe. La route qui suit parallèlement le rivage traverse une plaine fertile dominée par des sites pittoresques verdoyants avec une végétation épaisse et drue.
Les bords de la Soummam que l’on traverse sont couverts d’ajoncs et de lauriers-roses séparant ses rives de beaux jardins où figuiers, oliviers, orangers, abricotiers et tant d’autres se côtoient ; tout atteste, en ces lieux, une impulsion intelligente, beaucoup d’esprit d’initiative, du goût et du sérieux dans le travail. Après Souk-el-Khemis et sa douce plaine, la bande qui s’étend le long du rivage se rétrécit peu à peu pour aboutir, vers le sud-ouest en suivant la rivière, à la route menant aux gorges.

Le cap Carbon, à l'entrée de la baie de Béjaïa.
La végétation, en certains endroits du bord de la route, constitue un véritable fouillis de plantes sauvages, de lierre, de vigne vierge, de lianes épineuses, de ronces ; sur les pentes douces ou abruptes, des frênes, des pins, des chênes-verts, des chênes-liège, des eucalyptus émergent des gros buissons de genêts et de lentisques au milieu desquels, souvent, une eau limpide trace des sillons de fraîcheur et de vie.
Les gorges offrent un décor grandiose et titanesque par sa beauté et ses proportions. L’âpreté des roches en surplomb, la sévérité des montagnes s’élevant à pic sur les deux rives du cours d'eau qui murmure au fond de l’abîme, la route constamment suspendue sur l’abîme, tantôt creusée dans le flanc de la montagne, tantôt établie sur des arches de maçonnerie aux endroits durs de la paroi, des oiseaux de toutes sortes, points noirs là-haut, très haut, tellement haut qu’ils semblent planer près du toit du monde, font ressentir au milieu de ce paysage la fragilité de l’homme, et nul parmi ceux qui traversent ne peut se défendre d’un sentiment d’inquiétude ; c’est sans doute pour cette raison qu’on l’appelle « Chaabet-el-Akhra ».

Vue sur Béjaïa, et le mont Yemma Gouraya en arrière-plan.
Lorsqu’on escalade les pentes de Gouraya et qu’on aboutit au mausolée, on jouit d’un panorama incomparable. Au bas, la ville apparaît comme un petit village de lilliputiens. Dans la buée opaline du matin disparaît la ligne d’horizon et le ciel semble se confondre avec la mer. Vers le sud-ouest, sur le flanc de cette montagne, apparaît Toudja noyée dans la verdure où coulent intarissables des sources au milieu d’orangeraies séculaires, et, en face les massifs imposants des Babor et des Bibans jonchés d’une multitude de villages, points blancs à peine visibles. Lorsque le soleil, disparaissant à l’horizon, laisse derrière lui des nuages étincelants d’or, toutes ces montagnes sont diaprées des plus vives couleurs et se réfléchissent avec netteté sur la nappe transparente et mobile ; ce spectacle grandiose se ternit ensuite progressivement, sous l’influence des vapeurs humides de la mer, en passant par des nuances des plus variées. À ce spectacle enchanteur, la rade offre un havre aux navires et barques de pêche que peu de côtes de la Méditerranée possèdent. C’est sans aucun doute pour ces raisons que les Phéniciens avaient choisi ce lieu pour l’un de leurs comptoirs-colonies, que les Romains conservèrent et que an-Nacer ibn Hammad (des Hammadides) y édifia sa capitale.

Histoire [modifier]
Article détaillé : Histoire de Béjaïa.

L'Empire romain à son apogée, vers l'an 120
De par son histoire plus que millénaire, Béjaïa est l'une des plus anciennes villes d'Algérie. En -27/-26, l'empereur romain Auguste fonde la colonie Julia Augusta Saldensium Septimana Immunis à l'intention des vétérans de la Légion : Legio VII Claudia. Cette ville de Saldae est intégrée à la Maurétanie Césarienne en 42 de notre ère. Elle est mentionnée comme étant un siège épiscopal au Ve siècle.
Une inscription du second siècle qualifie Saldae de « Civitas Splendidissima ». Selon Léon Renier, cette inscription a été transportée au musée algérien du Louvre, à Paris. Plusieurs amphores, des mosaïques, des chapiteaux, des pièces de monnaies ont été trouvés par les archéologues lors de récentes fouilles.

Au Moyen Âge, le port joue un rôle politique de premier plan. La dynastie berbère des Hammadides, en conflit avec celle des Almoravides, décide de transférer sa capitale de Qall'a vers Bgayet[réf. nécessaire].
La ville, qui est devenue l'une des cités les plus prospères de la côte méditerranéenne, repousse une expédition génoise en 1136. En 1152, elle est prise par les Almohades. La ville a connu un tel développement que selon Léon l'Africain, elle est peuplée de plusieurs dizaines de milliers de personnes, essentiellement des Kabyles et des Andalous. À cette époque, Béjaïa était un grand centre intellectuel, où résidaient des savants comme Sidi Boumedienne, Ibn Hammad, Abd al-Haqq al-Ishbili et Abu Hamid al-Sarir. En 1202, Leonardo Fibonacci, grand mathématicien de l'ère chrétienne du monde occidental, en rapporta les « chiffres arabes » et la notation algébrique (dont certains attribuent l'introduction à Gerbert d'Aurillac). Ceci illustre les liens entre la vitalité commerciale des villes d'Italie de l'époque et la créativité scientifique et artistique de leurs membres.
Devenue une redoutable ville de corsaires au XIVe siècle, la ville est prise par l'Espagnol Pedro Navarro en 1510; l'occupation dure jusqu'en 1555.

Économie [modifier]

Façade maritime de Béjaïa : vue sur ses installations industrielles et l'aéroport.
Béjaïa est un port de commerce international et ce depuis l'époque hammadide. Aujourd'hui la principale activité du port est l'exportation d'hydrocarbures. Cependant la ville de Béjaïa sert de marché local notamment aux produit locaux de l'artisanat , et des produits agricoles qui parfois sont exportés, Ainsi le port de Béjaïa est le plus important du pays en terme de volume d'activité derrière celui d'Alger. [4] . Les ports de Béjaïa et de Djendjen (Jijel) ont été retenus par les autorités algériennes pour participer à la nouvelle initiative de l’Union européenne portant création des Autoroutes de la mer (AdM) dont le but est d'augmenter les échanges intermodaux entres les ports de la rive nord et sud de la méditerranée, comme c'est le cas notamment pour les ports de Marseille et du Caire. La ville de Béjaia bénéficie également d'une activité de port de pêche, c'est un des secteur qui est amené a se développer dans le futur[5]. Il faut donc remarquer que malgré le peu d'atout naturel et l'enclavement de la ville, Béjaïa figure parmi les villes les plus dynamique de l'Algérie. Cependant les infrastructures restent insuffisante et le développement de la ville en est tributaire .
La ville de Béjaia tire aussi profit de la production agricole de la région de Kabylie en ayant le rôle de marché local voir d'exportation des produits, avec l'oléiculture [6] ,la production de figues et l'apiculture . Au niveau national c'est aussi le siège de certaines entreprises agroalimentaires comme Ifri et des groupes comme Cevital y sont installé.
Au niveau de l'artisanat , la ville tire surtout profit de la production locale de vannerie , et de poterie .
La ville de Béjaïa essaye aussi d'exploiter son magnifique littoral méditerranéen et son patrimoine historique pour développer une activité touristique , cependant la majorité des touristes sont des algériens ou des immigrés originaire de la région.[7]

Culture [modifier]

Université Abderrahmane Mira de Béjaïa
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MUSIQUE : BEJAIA a toujours été une ville disposant d'un patrimoine musical très riche, et une ville très préférée des artistes de tout le pays. En effet au début du siècle passé, il y eu création du conservatoire de musique andalouse par el cheikh SADEK HAMA dit "SADEK EL BEDJAOUI", il fut le premier chanteur algérien dont le succès dépasse les frontières du territoire algérien. Cette école fut la source de plusieurs musiciens et chanteurs talentueux, à citer à titre d'exemple NGUIB accompagnateur au banjo du fameux chanteur CHAABI « EL HADJ MOHAMED EL ANKA », et bien d'autres chanteurs dont le succès est actuellement à la une, comme le fameux DJAMEL ALLAM. Après le décès du maitre de la chanson andalouse, l'école est prise en charge par l'association "AHBAB EL CHIKH SADEK EL BEDJAOUI" présidée actuellement par son fils. La musique à BEJAIA ne s'est pas arrêté là, puisqu'il y a eu émergence d'un courant musical de la rue, entre le CHAABI, le folklore kabyle, et la musique moderne, ce qui a rendu le patrimoine de la ville encore plus riche, à citer au CHAABI les chanteurs qui dominent sont "HCINOU FADLI", "MOURAD ZIDIRI", en folklore kabyle "ABDELKADER BOUHI", et à la musique moderne "DJAMEL ALLAM" qui bénéficie d'un succès international. Actuellement le succès et l'espoir de la musique de la ville est entre les mains du groupe TILANYA, composé de jeunes musiciens talentueux et ambitieux, qui on contribué au développement de la musique de la région en faisant intégrer modernité et tradition dans leurs activités. Avec un succès absolu dans le domaine artistique national, en tant que groupe accompagnateur, et avec l'estime de toutes les vedettes de la chanson algérienne; ce groupe se tourne actuellement vers le large public en préparant un album de fusion entre Folklore Kabyle, CHAABI, GNAWI, et musiques occidentales.

Sport [modifier]
Histoire du football à Bejaia
Le football existe à Béjaïa depuis 1924, c'est-à-dire au temps où cette charmante ville ancienne capitale des hammadides s'appelait encore Bougie.
C'était l'époque où les associations sportives étaient dans l'esprit de leurs fondateurs un moyen de rassembler, sensibiliser et mobiliser les Algériens – alors sous le joug du colonialisme - autour de la cause nationale, et d'aider les jeunes à préserver leur identité culturelle et civilisationnelle menacée dans son intégrité (grâce à un sport venu d'Angleterre !).
Le champ de la pratique de ce sport le plus populaire s'est ensuite élargi au fil des années par la création de clubs aux fortunes diverses mais guidés tous par le même mot d'ordre : l'Algérie sportive ne peut et ne pourra être qu'une Algérie « algérienne ». Après l'avènement de l'indépendance ce sera une autre ligne, une autre politique et une autre aventure. Et pour permettre à chacun de bien connaître son passé - condition indispensable à sa projection vers l'avenir -, nous avons cru utile de présenter même brièvement une rétrospective du football à Béjaïa
Avant l'indépendance
1924 : création par monsieur Pianelli d'un club de football constitué uniquement de Français dénommé la Générale
1926 : création par monsieur Delsol d'un club dénommé Football Club bougiote (FCB) constitué essentiellement de Français
1928 : création par Abelhamid Baba Aïssa du premier club de football destiné aux Algériens dénommé El Rachidia
1930 : création par Saddek Zerrari et Mohamed Khamsi d'un club destiné lui aussi aux Algériens dénommé L'Espérance
1936 : création par Maître Boudjellil Bouchenak Avec de nombreux autres personnalités et notable de la ville, parmi eux BENMOUHOUB ALILI de la Jeunesse Sportive Musulmane Bougiote (JSMB), club né d'une fusion entre les deux clubs créés en 1928 et 1930 El Rachidia et L'Espérance.
1944 : création par Abfelhafid Tamzali du Club Sportif Bougiote (CSB). Ce club avait comme dirigeants, aux côtés de Tamzali, MM. Abdelmadjid Bouyahia, benmouhoub alili, Tedjiza Djelloul, Laadjouze El Hacchemi, Saidi Fatah, Zaouche Ahmed dit Hamidou, Youcef Kebbache , Mahindad Fatah , Talantikit Mustaphaet, Abdelhafid Keramane.
1947 : création par Aouchiche Said de l'Union Sportive Bougiote (USB). Ce club avait comme dirigeants, aux côtés de Aouchiche, MM. Ahmad Ougana (secrétaire général fusillé en 1956 par l'armée française), Salah Haddahoum, Kasri Allaoua, Tamzali Mokhtar, Laadjouze Omar, feu Boualem Boudraham, Amrani Moussa et d'autres.
1954 : création par Abdelhafid Tamzali du Mouloudia Olympique Bougiote (MOB), club né un certain 20 août de la fusion des deux clubs créés en 1944 et 1947, le CSB et l'USB. L'assemblée générale qui déclara la naissance de ce club se tint dans un local commercial situé au lieu-dit Sidi Abdelhaq.
1956 : création de l'Entente Sportive Bougiote ESB par MM. Abderrahim Zoubir et Ziani Boualem . Ce club révolutionnaire regroupant tous les militants sportifs était sous l'égide des dirigeants de la wilaya 3 et servait de couverture pour les déplacements et les réunions de coordination qu'effectuaient ces dirigeants dans toute la région de la Kabylie.
Après l'indépendance
1973 : création par monsieur Aït Arab Khoudir du Ghalia Sport de Béjaïa (GSB)
1974 : création par MM. Ziani, Ouakkouche, Mehdi et Benzaid du Naceria Club de Béjaïa (NCB)
1977 : naissance suite à la réforme sportive du code de l'eps du Mechaal Baladiat Bejaia (MBB)
1978 : création par monsieur Abdelhamid Talah du Chabab riadhi bidhal el hamadia de Bejaïa (CRBHB), club du complexe costumes de Béjaïa (CCB).
1982 : création par monsieur Toufik Djennidi de l'association sportive de la wilaya de Béjaïa (ASWB)
1984 : création par monsieur le recteur de l'université de l'ASSUC de Bejaïa
1990 : création par MM. Khelloufi Mokhtar, Bachir Bouchekhchoukh, saadi Bouabdellah, Moussa Addour, Belkacem Youknane, Mohamed Chelhab, Maître Mohand Benouaret , Barchiche zahir (ex directeur de la maison de jeunes d'Ighil Ouazoug) et d'autres de la Jeunesse Sportive Ighil Ouazoug (JSIO).
11 mai 1991 : création par Mohamed Chelhab, Moussa Madouni, Mouloud Kadri, Hocine Benkhanouche et d'autres de l'Union sportive de la Soummam (USS)
Source : Article de Mohamed Chelhab, publié dans le quotidien Alger Republicain du jeudi 11 Février 1993. LE MONDE EST UN VILLAGE
Actuellement la ville de Béjaïa dispose de 2 grands clubs parmi l’élite algérienne : la JSM Béjaïa (Jeunesse Sportive Medinat Bejaia) qui est en première division algérienne, vainqueur de la coupe d'Algérie 2008 pour la première fois de son histoire, et le MO Béjaïa (Mouloudia Olympique de Béjaïa) qui est lui en deuxième division algérienne.

La wilaya en bref [modifier]
Nombre de communes : 52
Nombre de Daïras : 19
Population totale : 990 951 statistiques 2006
Taux d'urbanisation : 62,5%
Indicatif téléphonique : +213 (34)

Protocole d'Amitié [modifier]

Statut du soldat inconnu (guerre d'Algérie), indiquant la direction du port et de la Métropole.
Béjaïa a un protocole d'Amitié avec :
Brest, France (1995)[8]

Voir aussi [modifier]

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Béjaïa.
Wilaya de Béjaïa

Liens externes [modifier]
Bgayet.net - Présentation de la ville de Béjaïa
Travel-Images.com - Photos de Béjaïa
Tavlast.net - Données et statistiques sur la région de Béjaïa
AlgeriaSpace - Images satellite de Béjaïa

Notes et références [modifier]
Adoption du budget primitif [archive] - Le maghreb du 14 avril 2007, sur Bgayet.net.
« Bougie » [archive], d'après TLFi (Trésor de la Langue Française sur Internet).
Origine de la Bougie (Chandelle de Bougie) [archive] - Bgayet.net, 2007.
http://www.elwatan.com/?page=article_print&id_article=85152 [archive]
http://www.algerie-dz.com/article11403.html [archive]
http://www.elmoudjahid.com/accueil/Nation/26666.html [archive]
http://www.algerie-dz.com/article4979.html [archive]
Les jumelages de Brest [archive], Mairie-Brest.fr, 16/11/07.